Bérangère Fromont

Bérangère Fromont est une photographe française qui vit et travaille à Paris.



– Lieu de vie et atelier — ensemble ou séparé ?
Ensemble et séparé à la fois. J’ai un atelier à Poush Aubervilliers, une structure d’ateliers avec plus de 300 artistes. Un vrai village.
Mais je travaille mieux chez moi lorsque je dois me concentrer. Et surtout je travaille non-stop et tard le soir. Ce que je peux faire facilement chez moi. A Poush j’ai tendance à me disperser en allant discuter avec les autres artistes. L’espace me permet toutefois de tester des installations ou accrochages et l’émulation du collectif est enthousiasmante. J’ai eu mon premier atelier après le long confinement, il était à ce moment là nécessaire à ma santé mentale. Aujourd’hui j’attends impatiemment qu’on m’octroie un atelier logement pour que je puisse cesser mon travail alimentaire. Paris est une ville très chère et pour l’instant je loue un appartement et un atelier.
– As-tu un rituel quotidien ?
J’ai la chance d’habiter près des Buttes Chaumont. J’essaie d’y marcher tous les jours pour me mettre dans de bonnes conditions de travail. Je suis accro au soleil alors dès qu’il est présent j’en profite même un court moment.
– Quel est le premier livre d’art dont tu te souviens ?

Je ne me rappelle malheureusement pas. Il y avait forcément des catalogues de Dali, Miro et Picasso car ma mère est espagnole. Par contre, je me souviens du premier livre de photographies que j’ai acheté c’est Les américains de Robert Franck. J’étais passionnée par la photographie américaine lorsque j’étais étudiante.

– Quelle musique écoutes-tu en travaillant ?

J’écoute de la musique quand je dois me concentrer pour l’editing, une scénographie d’exposition ou travailler un chemin de fer pour une édition.
J’ai des difficultés de concentration alors je dois me mettre dans un état particulier proche d’un état de transe. Pour l’atteindre je mets des morceaux en boucle (au casque pour épargner mon voisinage) de Schubert beaucoup, de musique baroque et aussi de musique noise comme par exemple ce groupe qui s’appelle France et dont les morceaux durent 20 minutes pendant plusieurs heures. Des morceaux qui sont eux-mêmes des espèces de boucles continues. C’est comme un rituel pour me mettre dans un état créatif.

– Quel est ton objet préféré à l’atelier ?

Ma bibliothèque. Elle est devant le bureau sur lequel je travaille chez moi. Regarder les livres photos que je collectionne me rappelle pourquoi je fais ce que je fais, surtout les jours où les sacrifices de la vie d’artiste sont un peu trop pesants.

– As-tu toujours voulu devenir une artiste ?

Depuis l’adolescence. Je voulais être écrivain, puis scénariste puis réalisatrice. Et finalement quand j’ai compris que les photographes étaient aussi des artistes et pas seulement des techniciens, c’est devenu une évidence. Etre artiste était un but. Pour la liberté. Pour le pas de côté. Pour donner un sens à ma vie. Malheureusement je suis encore obligée aujourd’hui d’avoir un travail alimentaire car c’est un statut trop précaire. J’attends avec impatience un statut similaire à celui des artistes belges et irlandais.

– À quoi ressemble une journée de repos ?

Une journée de repos serait une journée où je ne culpabilise pas de ne pas être en train de travailler sur mon projet. Si le soleil est là et que je ne suis pas avec mon Mamiya sur la place de la République, j’y pense tout le temps et je m’en veux. Je me dis que je rate LA photographie. Ce serait lire un roman sans me dire que je devrai plutôt lire un essai sur le thème de mon projet.



Livres & Objets

Portrait

La bibliothèque de Bérangère Fromont

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